NATALIA KILLS, TROUBLE MUSIC MAKER

Confession pop où l’âpreté de la vie comme première & féroce inspiration s’attache  savamment à nous en mettre plein les oreilles. “Don’t look back when you walk away… i’m the best mistake you’ll ever make…”. Natalia Kills a de ces atouts qui poussent à la récidive. Âmes sensibles s’abstenir !

“Trouble”, second album d’une musicalité féminine et bestiale à la morale délestée, cruellement authentique. La divine KILLS tire en plein coeur, question de survie. “Man, you’re in “TROUBLE ” and you’ll it !”

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Qu’aimes-tu fredonner ?
En ce moment, j’aime fredonner mon nouvel album “Trouble”.

Tu chantes en solo, si demain tu devais faire un duo, serait-ce avec un homme ou une femme ? Et qui ?
Ce serait avec un homme. Un rappeur comme Kanye West ou Asap Rocky.

Chanteuse, auteur, compositeur, musicienne, actrice… Que n’as-tu pas encore réalisé et aimerais accomplir dans le futur ?
Je veux continuer à écrire, encore et toujours. Rien ne m’enthousiasme plus. Retranscrire mes idées, composer mes chansons. L’écriture est ce qui m’est le plus naturel. C’est un réel besoin bien plus qu’une envie.

Imagines-tu pouvoir écrire dans d’autres domaines, élaborer des projets comme la rédaction d’un livre, le scénario d’un film, etc ?
Oui, j’ai des projets plein la tête plus ou moins précis. J’ai encore beaucoup de mes propres idées à réaliser dans la musique et ailleurs mais je suis également entourée de personnes créatives avec qui j’aimerais collaborer. Tout est question de temps et d’opportunités.

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Dis-m’en plus sur “TROUBL E” ton nouvel album. Est-il très différent du précédent ? En quoi et pourquoi ?
Cet album est terriblement personnel. J’y évoque mes secrets les plus sombres et profonds. Je retrace ces moments dramatiques qui ont jonché ma vie pour tenter d’en tirer le meilleur. J’y parle de mon enfance, mes problèmes d’adolescente, mes fugues ou lorsque mon père était en prison. J’aborde la complexité de mes relations familiales, la rupture de mes parents, tous ces moments difficiles qui m’ont terriblement affectée. Ma relation destructrice avec mon ex petit ami, le fait de ne plus rien avoir et d’espérer “tout”. Cet album relate ce qui constitua le pire de ma vie, mes déchirures intimes et mes souffrances. Mais aujourd’hui j’ai pris le recul nécessaire pour ne plus être affectée, “not anymore !”.

Après “Perfectionnist” avec Wonderland et Free, ta véritable personnalité apparaît-elle au grand jour avec “Trouble” et “Controversy” ? Plus diabolique qu’un ange bien que tu aies d’ores et déjà “kill your boyfriend” ?
Ah ah ! (Rires). Il m’arrive de réaliser certains fantasmes à travers mes chansons ! Je ne dirais pas que cet album définit davantage ma véritable personnalité, et d’ailleurs quelle est-elle ? Ange ou démon ? Mais il est à coup sûr authentique. J’ai besoin d’être vraie en tant qu’artiste, de donner de moi-même à travers ma musique. Sans quoi je ne serais pas capable de poursuivre cette carrière.

 

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Est-il plus sombre ?
Je ne le pense pas. Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot “sombre”. Il est simplement “moi”. Il ne s’agit pas d’agressivité, d’angoisse mais bien plus de tristesse. J’y ai mis toutes mes douleurs, mon désespoir et mes erreurs. J’ai traversé des épreuves et loin de dramatiser sachant ô combien la vie est déjà compliquée, j’ai essayé dans cet album, d’en tirer le meilleur. Être lucide sur mes passages à vide et admettre mes erreurs. Les épreuves m’ont grandie, bien plus que de m’en défendre et m’en protéger, je veux aujourd’hui les accepter et ne pas être dans le déni. “My whole life, Trouble and I can’t seem to leave each other alone… Maybe he follows me, or maybe i’m always looking for him, but through our ups and downs we’ve never kept far enough apart for our own good. In a strange way I’d rather have trouble than be alone.”

Est-ce une forme de thérapie ?
Il s’agit davantage d’une confession. Comme au sein d’une église lorsque tu dois dire à Dieu tout ce que tu as fait.

Aujourd’hui, de quoi es-tu la plus fière ?
De survivre ! Être persévérante en étant créative et non pas découragée comme j’ai pu l’être plus jeune à vouloir mettre fin à tout, “wanted that everything end…” J’avais le sentiment d’être enfermée, que tout allait de travers et je me sentais responsable, coupable, ce qui était terriblement difficile à vivre. Mon état d’esprit était tel que je ne pouvais envisager le succès que je connais aujourd’hui. Avoir survécu à cette période de ma vie est ce dont je suis la plus fière, plus que toute autre chose.

Quand aura lieu la deuxième saison de “Love, Kills xx” ?
Je travaille actuellement sur un tout autre projet, différent de “Love, Kills xx” et donc je ne pense pas qu’il y aura une autre saison. Pour ce qui est de ce nouveau projet, “ the world has to wait and see…”

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Travailles-tu toujours avec le réalisateur français Guillaume Doubet sur la production de tes clips vidéos?
Oui, il a produit 5 chansons de mon album dont “Controversy” et a réalisé le clip. Nous travaillons ensemble tous les jours.

Et qu’en est-il de Paris ?
J’étais à la fashion Week dernièrement, c’était incroyable. Je me suis rendue à l’aftershow de Jean-Charles de Castelbajac au Silencio. Une agréable surprise. Lors de ces évènements les gens sont normalement très sophistiqués, dans la retenue et là c’était fou, totalement déjanté ! Une des meilleures soirées que j’ai vécue. “I love Paris, it’s my favorite place.”

Quelle importance, en tant qu’artiste portes-tu à l’image ?
Elle doit être le reflet d’un état d’esprit. Je suis une musicienne avant tout, auteur, compositeur et je ne me considère pas comme une “fashion victim”. Je ne veux pas y attacher trop d’importance. L’apparence doit être le reflet de mon identité “without controling you.”

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Un créateur préféré ?
Je veux travailler avec des individus qui puissent révéler ce que je suis au travers des vêtements plutôt que de m’identifier à un créateur. Il ne s’agit pas d’élaborer des concepts créatifs ni d’être en totale connexion avec un créateur mais davantage de réussir à traduire mon intention immédiate.

Que puis-je te souhaiter ?
Je ne sais pas, que veux-tu me souhaiter ?

Tout le meilleur…
Ça me va et aussi “More fun less troubles…”

Si j’étais Natalia Kills, que me demanderais tu ?
Bien vu. Mais à dire vrai, je suis perpétuellement dans l’interrogation et j’aimerais parfois cesser de l’être. Une question ? J’en ai 1000 ! À tel point qu’il m’arrive de me choquer et me surprendre moi-même par moment et pas dans le bon sens.

Alors souhaitons que tu te poses moins de questions !
Oui, beaucoup moins.

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www.nataliakills.com

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INTERVIEW Jessica Segan
PHOTOGRAPHIE  Marcus Mam
STYLISME Marcell Rocha

Extrait de DEDICATE 29 – Autonne-Hiver 2012/2013

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