Cyprien Gaillard

“Chaque paysage que je filme est un cadre où le fait de produire une action vise à le sublimer, à en produire une altération qui soit une révélation du paysage lui-même.”

C’est à l’occasion d’une très importante série d’expositions (notamment au Jeu de Paume ou plus récemment au Centre international d’art et du paysage de Vassivière) et avec le soutien de la galerie parisienne Cosmic que nous avons choisi de vous faire découvrir quelques aspects de la très riche production de Cyprien Gaillard.

Jeune artiste français, Cyprien Gaillard prend sa source dans une certaine idée du beau qu’il trouve dans les paysages de nature et vandalisés par l’action de l’homme. Engagé, et très tôt reconnu sur la scène artistique internationale, il nous invite à la réflexion et au questionnement à travers des performances, photographies, et vidéos.

 

Véritable lieu d’expérimentation, son œuvre singulière et rigoureuse met en scène des zones urbaines, périurbaines et des paysages de nature soigneusement choisis pour leur aspect géographique et souvent empreints de romantisme. A travers un processus de destruction mécanique et inévitable il nous invite à réagir et à être le témoin d’une expérience à la fois physique et mentale. D’abord séduit par l’esthétique et la forme de l’œuvre, le spectateur assiste à une transformation lente et irréversible de l’image vers le chaos, le désordre et la destruction. L’œuvre prend alors toute sa dimension.
Plusieurs séries ont marqué la production de l’artiste, notamment “Real Remnants of Fictive Wars”, commencée en 2002. Il s’agit d’un ensemble de films en 35 mm construits à partir de paysages vides et soigneusement cadrés dans lesquels il déclenche, avec l’aide de complices, un processus venant perturber et brouiller l’image. Il utilise pour cela de simples extincteurs industriels qui libèrent une épaisse poudre blanche et produisent un nuage vaporeux en même temps qu’une menace sourd.

 

Dans une autre série, “Geographical Analogies et Pentagone”, il intervient dans des paysages du monde entier et un peu plus contemporains. L’œuvre est construite comme une addition d’analogies entre différents sites et met en avant, à différents degrés, les effets perceptibles du temps à travers l’usure et la dégradation des éléments.
Un autre thème cher à l’artiste explore celui de la ruine et de ses qualités pittoresques, convaincu de “… l’idée qu’un paysage abîmé est plus beau qu’un paysage parfait…”. Fasciné par les ensembles de tours d’habitation, Cyprien Gaillard part à la recherche de ce que seront les grandes ruines de la société contemporaine et les sacralise mettant en place une esthétique qui se revendique autant du land art que du vandalisme.

Pour tout renseignement
Cosmic (Bugada et Cargnel), 7-9, rue de l’Equerre, 75019 Paris
Tél. +33 1 42 71 72 73, fax. +33 142 71 72 00
www.cosmicgalerie.com

Texte : Christophe Menager

Photographie : DR Comic

EXTRAIT DEDICATE 14 – Automne 2007

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