AVATAR SANS TARES ?

La méchante Reine de Blanche-Neige s’inquiétait de savoir qui était la plus belle. Aujourd’hui, avec l’écran plus fort que le miroir, nous maîtrisons notre “reflet”, nous pouvons devenir des autres, l’ère des avatars a commencé. 

Sous le concept marketing du web 2.0, se cache une douce (r)évolution qui excite autant les business-plane(u) rs que les philosophes. Les forums, les blogs et les réseaux sociaux (myspace, facebook, etc…) ont dépucelé nombre d’internautes face à leurs identités numériques. Bien choisir son avatar est aussi important que de soigner son look.

En 2003, soit dix ans après la première utilisation du protocole HTTP avec un browser (NDR : Mosaïc) et donc la naissance de l’Internet, le métavers (NDR : univers virtuel) Second Life (SL) est mis en ligne. Aujourd’hui on compte plus de 300 millions d’avatars dans ces unis virtuels, et d’ici 2011, 80 % des connectés auront un avatar (cf. Etude Cabinet Gartner avril 2007).

Sous le concept marketing du web 2.0, se cache une douce (r)évolution qui excite autant les business-plane(u) rs que les philosophes. Les forums, les blogs et les réseaux sociaux (myspace, facebook, etc…) ont dépucelé nombre d’internautes face à leurs identités numériques. Bien choisir son avatar est aussi important que de soigner son look.

En 2003, soit dix ans après la première utilisation du protocole HTTP avec un browser (NDR : Mosaïc) et donc la naissance de l’Internet, le métavers (NDR : univers virtuel) Second Life (SL) est mis en ligne. Aujourd’hui on compte plus de 300 millions d’avatars dans ces unis virtuels, et d’ici 2011, 80 % des connectés auront un avatar (cf. Etude Cabinet Gartner avril 2007).

La morosité de la société capitaliste pousse le peuple à trouver refuge dans ces métavers. Possibilité de rejoindre une communauté, capacité de se créer une nouvelle identité, d’avoir une “seconde vie” proche de ses désirs en appuyant sur son clavier, de devenir ce que l’on rêve d’être tout en restant modelable en permanence.

Mais on ne choisit pas les limites réelles que le virtuel abolit. SL est l’eldorado dont tout le monde clique. C’est surtout un univers ultra-libéral où se mêle :
– La Politique (le Front National y ouvre un Q.G. en 2006. Il y a déjà un mémorial Benazir Bhutto)
– L’Argent (en octobre 2007 plus de 7 millions de dollars auraient été échangés entre les habitants de SL. Selon certaines conditions ces revenus virtuels deviennent réels)
– Le Crime (Le Federal Computer Crime Unit belge enquête depuis juin 2007 sur le viol d’un personnage de SL)
Face à ces risques et à l’instar d’Isaac Asimov et de ses lois de la robotique, Kim Cameron (cf.1) rédige les 7 lois de l’identité numérique. Deux ans plus tard le cabinet Gartner applique les mêmes recettes à destination des entreprises (cf.2), les plus intéressées face à ce phénomène de société. Leurs coûts y sont réduits, elles peuvent directement palper les particuliers tout en avançant masquées.

La prudence est de mise en ligne.

Si le terme avatar est passé dans la langue française au XIXème siècle pour désigner une métamorphose. Il désigne surtout dans la religion hindouiste l’incarnation d’un dieu sur Terre. Un véritable mélange de genres qui mérite tout notre pragmatisme. Pourtant, techniquement, les infrastructures du réseau d’informations humaines n’ont jamais été aussi proches d’une probable matérialisation de la  noosphère (cf.3). Ce futur proche servira-t’il ou nuira-t’il à l’espèce humaine ? Quand assisterons-nous à la naissance spontanée de la première intelligence artificielle ?

Dire que France Gall a raison en chantant : “débranche tout, revenons à nous.” est un signe de notre temps.
Ce sera Tout ou Rien. Avec tout de furtif et rien de définitif.

Réf 1 :http://www.identityblog.com/stories/2005/05/13/TheLawsOfIdentity.pdf
Réf 2 : http://metaversed.com/tags/news/gartner
Réf 3 : http://www.gaiamind.com/Teilhard.html

Texte : Jérôme Demuth
Illustration : Lea Rowena

Extrait DEDICATE 15 – Hiver 2008

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