JULIETTE LEWIS, « NATURAL BORN ROCKER »

La tornade émotionnelle rock, made in California, fille spirituelle d’Iggy Pop et de Tina Turner était  de passage à Paris fin mai pourenflammer la Flèche d’or avec son 4ème album « Terra incognita ». C’est dans un sofa du lounge de son hôtel, le Mama Shelter, que Juliette se confia à nous, au lendemain de son premier show parisien explosif…

Comment vas-tu en ce début d’interview et au lendemain de ta première date à Paris hier soir à la Flèche d’or et encore pour 3 soirs ?
Je me sens très relax, un peu jet lag, mais j’ai fait un super show hier soir et je ne suis pas stressée du tout pour les autres dates. J’ai été super surprise du nombre important de gens venus me voir hier soir. Je travaille  encore sur l’évolution de mon tour de chant qui est différent chaque soir, j’aime bien proposer quelque chose qui évolue avec le temps et selon les soirs, les humeurs…

Quel est ton désir, ta  motivation la plus  importante dans la vie ?
Vivre ! Durer ! J’ai un désir ardent de vie, un sentiment d’affamée de la vie, c’est le fuel de mon feu, et puis j’ai besoin d’être aimée…
De sentir la joie de vivre autour de moi.

Quel est un de tes meilleurs souvenirs ?
De parler de tout et de rien avec ma petite sœur avec qui j’ai grandi, c’est  ce qui me vient à l’esprit sur le moment, on riait beaucoup ensemble et on cherchait des réponses à tout…

Ton dernier rêve ?
La nuit dernière, j’ai fait un rêve très triste, où la mère d’un ami mourrait, alors on passe à un autre exemple ce sera mieux, je rêve souvent d’avoir des conversations avec quelqu’un… dont je ne me rappelle plus le visage, c’est étrange. Sinon, je fais plutôt des cauchemars assez apocalyptiques.

 

 

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Si tu étais une ville ou un lieu ?
Oh c’est super difficile, je ne veux privilégier aucune ville, je pense à Barcelone ou peut être Istanbul, mais avant tout je suis une californienne du terroir, mais attention pas la bimbo blonde, celle avec le côté nature de la Californie. C’est dans mon sang, d’aimer le soleil et l’eau, les arbres et la mer. J’adore ce coté proche de la nature et des éléments que peut aussi proposer la Californie.

Ton parfum favori ?
J’adore la noix de coco et la vanille.

Qu’est-ce qui te fait rire, pleurer et hurler ?
Les gens me font rire dans leur excentricité, leur folie, leur vanité, leur arrogance, c’est souvent fun ou pas d’ailleurs. Surtout les enfants, en particulier mes neveux me font beaucoup rire. Ce qui m’a fait pleurer, récemment, c’est mon homme qui est loin, il est plus jeune que moi, il me manque beaucoup, il vit dans une autre ville, cela ne fait pas très longtemps que je suis amoureuse… Il pense qu’une relation à distance est difficile à gérer, puisque je voyage tout le temps mais j’aime l’idée de traverser le monde pour aller le rejoindre. Cependant, je sais que l’amour est parfois un inconvénient… Et hurler lorsque  je suis sur scène bien sûr, lors d’un show rock’n roll.

 

Avec qui aimerais-tu chanter en duo ?
Je voulais écrire une chanson de duo avec Chris Watson, avec qui j’ai écrit toutes les chansons de mon dernier album, mais sinon pour te citer quelqu’un de plus connu, ce serait avec Cat Power, avec qui j’ai déjà fait des concerts, elle est vraiment fantastique.

Le dernier livre que tu as lu ?
Je suis en train de lire « Just kids » de Patti Smith, elle y parle de sa relation avec le photographe Robert Mapplethorpe, c’est super intéressant.

Décris-nous ton intérieur, ton endroit à toi…

C’est en Californie, ça me semble si loin, c’est  comme un chalet, en haut d’une colline, sans connections  pour les téléphones mobiles. J’y vis avec mon petit frère qui me protège, car je n’aime pas vraiment vivre seule  dans une maison. C’est un endroit que je loue, très haut de plafond. Ma déco se compose des vieilles choses vintages, comme des vieux sofas, que j’ai accumulés avec le temps, et il y a aussi pas mal d’œuvres d’art, assez  étranges, dans un esprit très punk-rock. Ce sont des œuvres que mon frère a faites.

Quelle fut l’expérience cinématographique la plus marquante pour toi ?
Il y en a tant eu, mais je dirais surtout lorsque j’ai joué dans « The other sister » avec Diane Keaton en 1999, ce fut mon rôle le plus marquant. Je jouais une fille handicapée mentale. J’ai toujours essayé de jouer quelque chose de complexe de la façon la plus pure, la plus honnête et réelle possible, la moins cliché possible, même si la vie est pleine de clichés. C’est très innocent comme film, et cela me faisait très peur, car je ne savais pas si j’y arriverais vraiment. Et puis bien sûr dans « tueurs nés », j’étais super jeune et j’étais dans une période émotionnellement super dure, mais Oliver (Stone) voulait tout de moi, il m’a poussée au bout de moi-même, pour aller trouver mon énergie primaire; ce qui me sert aussi maintenant sur scène, avec la musique. Le rock est animal !

Tu es donc aussi une « natural born rocker », par qui est tu musicalement la plus inspirée ?
Iggy pop et Tina Turner. Tina est mon héro avec son énergie incroyable de tigresse sur scène. Avec Iggy ce sont des chanteurs qui chantent avec leurs âmes, j’espère vraiment un jour être aussi bonne que Tina Turner sur scène.

La meilleure rencontre dans ta riche vie professionnelle ?
J’en ai tellement eu, mais une des meilleures fut la première fois que j’ai rencontré Robert De Niro, j’étais une teenager puante et j’étais très indifférente à tout, je m’en foutais complètement, et malgré tout, De Niro fut quand même très curieux de mon talent. Plus récemment, c’est lorsque j’ai rencontré Omar, du groupe Mars Volta, c’est un véritable génie musical. Je ne pensais pas qu’il serait intéressé par ma musique, et il a adoré trois de mes chansons écrites au piano, on a beaucoup parlé, de Fellini et d’émotions, du batteur de Jimmy Hendrix etc… Je suis si heureuse de cette rencontre, il est très important pour mon enrichissement musical. Il a d’ailleurs co-produit ce 4ème album.

Comment décrirais-tu ta musique en quelques mots ?
« Pixie, soul and fire music », pixie veut dire que c’est une petite fée magique qui vit dans la forêt, (rires) comme  dans Peter Pan, c’est complètement  moi, car ma musique est aussi une extension de moi et de cette énergie qui me constitue. Ma musique est faite d’âme et de feu, tout ce qui me constitue  en fait ! (rires)

Quelle est ta plus grande envie en ce moment ?
Aller passer des vacances au Mexique ou aux îles Fiji, avec quelqu’un  que j’aime ou un groupe d’amis, pour manger de la papaye, c’est mon fruit favori. Jouer avec mes amis sur la plage, mais hélas, je ne sais pas vraiment quand je pourrais le faire. Sinon mon fantasme « fun » serait d’être une fée. Quand j’étais petite, ma mère me raconta une histoire à propos des fées, qui me rassura, elle me raconta un petit mensonge pour me faire aller mieux car j’étais très triste de ne pas être une fée, tu vois la petite pointe sur mon oreille gauche, ma mère m’a dit que j’étais vraiment magique, puisque j’avais une oreille de petit elfe. (Juliette me montra en effet qu’elle a une petite pointe sur l’ourlet de son oreille gauche).

Quels sont tes projets futurs ?
Je dois tourner un film incroyable à l’automne, avec un réalisateur français de pub qui réalisera son premier long-métrage, on devrait tourner à Milan en Italie. Le scripte est fantastique, je devrais y jouer une femme fatale mais avec beaucoup d’humanité. Et puis, un autre album à la fin de l’année, je sais que je travaille sans cesse mais j’adore ça.

Pourquoi cette cover avec le taureau pour ton dernier album « Terra incognita » :
C’est une métaphore de tout le passé, de toute la douleur et aussi toute la force que l’on accumule avec le temps et que l’on traîne avec soi durant sa vie.

Comment te sens-tu après cette interview ?
J’ai très faim… (Il est 13H30) et suis heureuse, d’être comprise  par les médias, d’être validée. J’aimerais aussi faire des collaborations plus dance et électro à l’avenir comme avec Justice que j’adore.

À quelle question tu ne répondras jamais ? Et quelle en serait la réponse ?
Waouh c’est créatif comme question, hum… Ce serait quelle est ta plus grosse peur ?

Et je répondrais volontiers !… Que le plus important est d’être plus fort que ses peurs. Il faut défier ses peurs. Par exemple, J’avais très peur de la foule avant, mais c’est marrant et paradoxal, puisque maintenant que je fais des concerts devant des foules hystériques, je n’en ai plus peur du tout. J’ai su surpasser ma hantise, dès lors que j’ai commencé à monter sur scène. La scène est vraiment la meilleure des thérapies !

www.juliette-lewis.com

Interview : Cyril Xavier Napolitano

Photographie : Marcus Man

 

EXTRAIT DEDICATE 23 – Été 2010

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