JONATHAN MEESE

C’est avec le précieux soutien de la galerie Daniel Templon, que nous avons choisi de vous présenter le travail du très emblématique artiste allemand, Jonathan Meese.

Présenté comme l’enfant terrible de la peinture allemande, provocateur, libertaire, anticonformiste et souvent controversé, il doit sa réputation à ses performances et à son œuvre singulière et protéiforme mêlant peinture, dessin, gravure, assemblage, sculpture et vidéo.
Convaincu de la toute puissance de l’art et de son pouvoir total et absolu dans la vie, l’artiste se veut absolument libre et authentique et n’hésite pas à nous délivrer une œuvre magistrale, ironique, complexe, obsessionnelle, radicale, brute, libérée de toute contrainte et dépouillée de ses artifices et de ses conventions.
Son univers artistique se traduit par une œuvre critique, déroutante et spectaculaire empreinte de jeux, de violence et d’images poussant sans cesse à la réflexion et au questionnement.

Dans ses œuvres se mêlent une multitude de références empruntées à l’histoire allemande, aux médias, aux symboles, aux héros, aux personnages de science-fiction et dans lesquelles figurent fréquemment une mise en scène de sa propre image.
Œuvre sans compromis et sans artifice, œuvre totale ou l’Art dicte sa toute puissance, c’est autour de quelques questions que l’artiste s’est prêté au jeu d’une courte interview afin de nous éclairer un peu plus sur sa démarche.

Jonathan, pourriez-vous nous parler de votre art ? Et votre personnalité ?
L’ART EST LE JEU TOTAL. L’ART N’EST PAS IDÉOLOGIE NI SYSTÈME POLITIQUE, NI RELIGION, NI POUVOIR ÉSOTÉRIQUE, NI SPIRITISME, NI DESIGN, NI MOYEN DE NOSTALGIE. L’ART EST L’AVENIR, donc L’ART EST ENFANCE TOTALE,  AIRE DE JEU TOTALE ET SCÈNE TOTALE.
Jonathan est au service de L’ART en donnant toute l’énergie à l’anti-réalité. Jonathan produit tous les jouets du temps, les jouets de l’Art. Jonathan déteste la réalité horrible et sait que l’Art remplacera la réalité merdique. L’Art, c’est la propre saisie de la puissance totale.
Toutes les sociétés de l’avenir seront fondées sur l’Art et bientôt,  tous les êtres humains ne serviront que l’Art, comme tous les animaux le font déjà. L’Art est l’utopie totale.

D’où vient votre inspiration ? Est-elle la même pour chacun de vos projets ou est-ce qu’elle est différente selon le projet ou la technique utilisée ?
L’ART puise toujours ses sources dans le métabolisme, et non pas la conscience. L’Art est un résultat des fonctions corporelles, rien de spécial. L’Art est l’équilibre total de la pression.
Jonathan accepte une seule autorité totale: L’ART, LA DICTATURE DE L’ART. L’ART GUIDE, FORME, CRÉE et produit tout. L’ART EST ÉVOLUTION TOTALE, par conséquent, Jonathan cède tout le pouvoir à l’art. L’Art gouverne le monde, L’ART EST LE No1, L’ART EST LE CHEF À CENT POUR CENT.
Jonathan Meese est le jouet le plus humble de l’Art. Tous les êtres humains sont la décoration de l’Art. Jonathan se comporte comme un bébé animal et donne la passion totale à l’art. L’Art est la mascarade totale, pas l’individualisme inutile. L’Art est une fête d’anniversaire d’enfants à cent pour cent, tous les bébés sont ART total. L’Art est l’enfant total.

Quel est le message principal de votre œuvre ? Pensez-vous que l’art puisse changer la façon de penser ?
L’Art est la puissance totale. Jonathan ne voit qu’un seul avenir : LA DICTATURE DE L’ART. Tous les systèmes politiques, toutes les religions, toutes les idéologies ont échoué, seulement l’Art comme « Dictature de l’Art», est l’avenir. L’Art crie : L’Art est le leadership total. L’Art change tous les éléments nécessaires, l’Art transforme tout en l’avenir. Seul, l’Art est assez fort pour fournir l’avenir. L’Art n’est jamais la vie après la mort, l’Art est l’existence la plus pure. L’Art est la logique totale, comme M. Spock. L’Art est un film biologique total, comme le métabolisme de Scarlett Johansson. L’Art est une totale neutralité, comme Alex Large dans Clockwork Orange (Orange mécanique).

Dans le meilleur des cas, l’Art joue avec Jonathan Meese en jouant Jonathan Meese. L’Art est Daddyism total, l’art est MOOMIN total.

Comment choisissez-vous l’écrin ou le cadre de vos projets ?  
L’Art nous offre tous les cadres parce que l’Art est le cadre de l’avenir.
Nous devons pousser nos désirs personnels et les rêves de côté et accepter les rêves et les souhaits de l’avenir illimité: La Dictature de l’Art. Jonathan Meese ne choisit rien, Jonathan joue avec tout le matériel proposé par l’Art. L’Art est le monolithe total qui reflète tout en tant que jeu total. L’ÉVOLUTION EST RÉVOLUTION TOTALE, il ne faut jamais se mettre contre la lumière de l’Art. Il ne faut pas déranger l’Art. L’Art est la réaction en chaîne totale de l’avenir, Jonathan Meese est juste un petit élément dans la chaîne alimentaire de l’Art, super, super, super, super. L’Art est une machine à explorer le temps. L’Art n’a pas de dieu; L’Art créé tous les dieux.

Le thème de cette édition du magazine est “Enfant terrible”, comment on voit cela dans votre œuvre ? Dans votre vie ?
L’Art est toujours l’enfant terrible, pas l’artiste. L’Art est un jeu d’enfant à cent pour cent, Lolita totale. L’Art est le ‘Babyanimalisme’ total. L’Art est la beauté totale des nécessités. L’Art n’est jamais fondé sur les opinions des hommes ou les goûts, l’Art est totalement indépendant. L’Art est la loi la plus précise. L’Art est l’ordre total.
Jonathan Meese aime le radicalisme, le radicalisme de l’Art total. La vie de Jonathan Meese est très, très ennuyeuse et cela est super. L’Art doit tout vivre, pas moi. Jonathan Meese est juste une poupée, une marionnette, un jouet de l’art. La dictature de l’Art est une vague de chaleur qui lui est propre … L’Art est Dr. No. ; L’Art dit non à la mauvaise réalité.

Quels sont vos prochains projets ?
La scénographie pour l’opéra Médée au Théâtre des Champs-Élysées.

Jonathan, nous vous remercions infiniment d’avoir bien voulu nous accorder cet entretien et nous vous souhaitons beaucoup de succès dans vos projets.

Interview : Christophe Menager

Photographie : Jean Bauer Courtesy Jonathan Meese

Published : Printemps-été 2012 – DEDICATE 28

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