IZÏATOMIQUE !

21 ans et déjà 5 ans de carrière pour cette rockeuse-star en herbe surdouée née sur et pour la scène. Fille et sœur de, elle a aisément su se faire un prénom de par sa voix et son énergie rarissimes. Avant de retourner enflammer tous les festivals de l’hexagone avec un second album encore plus travaillé et plus musical, elle se prête au jeu de la promo avec une sublime spontanéité.

Comment vas-tu en ce début d’interview ?
Très très bien, il fait beau, mon deuxième album sort le 14 novembre. Tout redémarre, c’est une renaissance. Je sens un vent nouveau qui souffle dans ma vie et c’est vraiment très agréable.

Quand as-tu fait la fête pour la dernière fois ?
Jeudi, la semaine dernière, j’ai fait la méga fête en réunissant tous mes amis. Je  n’ai pas l’habitude de boire, je fais beaucoup de sport et j’ai une bonne hygiène de vie en mangeant équilibré mais, une fois par semaine, j’adore faire la teuf de l’année.

Raconte-nous comment c’était, où et avec qui ?
Chez des potes, tous plus vieux  que moi, j’ai toujours été la plus jeune de la bande et aussi avec Judith ma meilleure amie, mon repère, mon roc, elle est comme une sœur pour moi, je lui ai même dédié une chanson sur mon album « Your love is a gift ». On est donc allés au Flore, puis au Baron, puis jusqu’à 8h du mat chez un pote où on s’est finis en jouant à la console. Je sais, c’est assez débile mais ça fait vraiment du bien d’être ce que j’appelle un scandale ! On se vide totalement la tête.

En 2002, à 12 ans première fois discographique avec Papa sur l’album hommage à Boby Lapointe avec le duo L’hélicon…
J’étais trop fan de mon père ! Euh… de Boby Lapointe (lapsus) quand j’étais gamine. On a proposé à mon père de reprendre un morceau en hommage et il m’a demandé de le faire avec lui. J’interprétais sa mère et lui mon fils. C’était assez rigolo d’inverser les rôles. Pour la petite histoire, c’est Jacno qui a enregistré le morceau. C’est le meilleur ami de mon père. J’en garde un super souvenir. Mon père m’en reparle encore, me disant que j’étais déjà tellement pro en lui demandant de bien se concentrer sur son interprétation.

À seulement 19 ans tu semblais déjà avoir 20 ans de scène, tu es née sur scène ?
C’est vraiment ça en fait. La scène est ce qu’il y a de plus important. Ma plus grande fierté c’est qu’on a commencé vraiment sur scène et qu’on s’est fait connaître comme à l’époque par le live et par le bouche à oreille. J’ai un rapport à la scène qui est vraiment très particulier. On joue parfois jusqu’à 3h, j’adore interagir avec mon public pour qui j’ai vraiment énormément d’amour et qui me le rend puissance 1000. J’ai l’impression que je deviens une super version de moi-même sur scène, comme si je me transformais en super héros. Tout devient plus simple et plus rien ne peut m’arriver, je peux tout me permettre. C’est une véritable jouissance.

Premier Printemps de Bourges en 2006 grâce à Daniel Colling (Le tourneur de papa Higelin). C’était comment cette première fois scénique ?
Je n’avais pas encore 16 ans. C’était dingue, j’ai eu tellement peur ! C’était dément. Ce fut un vrai choc, une vraie révélation, grâce à Daniel qui nous avait invités sur la petite scène rock.  Après le show, j’ai fondu en larmes dans les bras de mon père qui était hyper ému, tellement ça avait été un vrai carton instantané avec le public. La semaine d’après, j’arrêtais mes études pour  me consacrer totalement à la musique. Plus rien n’a eu plus d’importance que la musique à partir de ce jour là. J’ai été littéralement touchée par la grâce !

En Juillet de l’année suivante, tu fais la première partie d’Iggy Pop à Paris, puis, tu improvises un duo en yaourt sur Gloria avec lui pour Canal + en 2009. Il était comment Iggy Pop avec toi, une anecdote ?
Carrément (rires) ! C’était dingue, j’avais fait sa première partie au Palais des Sports où ce fut génial, puis il m’a demandé de venir faire un duo sur « it’s nice to be dead » dans sa musicale de Canal et il m’a fait improviser sur « Gloria ». Je ne me rappelais plus du tout des paroles  alors j’ai chanté non stop, en répétant en boucle : «  I dont know this fucking lyrics ! ». Dans les loges, il m’a filé son numéro de téléphone sur un bout de sac en plastique que j’ai précieusement gardé et il m’a dit de l’appeler quand je voulais. Je garde bien au chaud le numéro d’Iggy Pop, si un jour je suis vraiment dans la merde. (Rires)

Tu as aussi fait un bœuf avec Juliette Lewis and the New Romantics à la Flèche d’Or,  tu es spécialiste des duos ?  Avec qui d’autre aimerais-tu chanter ?
On avait demandé Lenny Kravitz  pour mon prochain Taratata que j’enregistre le 7 avril prochain, mais hélas, il est en concert à Bucarest… Avec Peaches pourquoi pas, même si je ne sais pas vraiment avec qui en fait. Je suis plutôt pour improviser avec quelqu’un sur le moment au feeling … Et pourquoi pas un nouveau duo avec Joey Starr… mais chut !

Ton premier album est sorti en juin 2009. En mars 2010 tu es doublement couronnée par les Victoires de la Musique (meilleur album pop-rock et révélation scène) presque double disque d’or en avril 2010, de plus sans beaucoup de promo radio. Bravo ! Tu enchaînes par un Olympia explosif le 14 novembre, 2010. Une consécration ?
Carrément ! On était sur le cul avec mon label AZ, que je remercie vraiment d’ailleurs de m’avoir laissée totalement libre pour créer ce premier album fait à l’arrache en 10 jours. Ils ont été hyper classes avec moi.

Au fait c’était comment ton after-show avec Joey Starr ?
J’adore Didier, on a le même manager. J’ai une vraie relation fraternelle avec lui, on a fait un duo lors de mon Olympia du 14 novembre 2010, je suis un peu sa chouchoute et j’en suis super fière. C’est un mec tellement sensible. Je me souviens d’une soirée avec lui à Biarritz, à écouter du Nina Simone et à refaire le monde, c’était génial.

Tu as gagné une silhouette de jeune femme, raccourci ta longue chevelure, où sont passées tes joues de gamine ? Dans les backstages des festivals que tu n’as cessé d’écumer non-stop ces dernières années ?
C’est un peu ça. J’en avais marre de mes longs cheveux et j’ai voulu changer de look. Je les ai moi-même coupés un soir dans mon bus-tour début 2011, j’avais ressenti le besoin de changer un peu de tête.

Tu es devenue plus femme, une vraie rockeuse french touch ?
Peut-être mais cependant je me sens assez indépendante dans le milieu de la musique en France. Même si j’ai plein de potes qui en font, je n’appartiens à aucune bande. Je suis assez seule dans mon trip je crois.

Tu nous as montré ton dressing dans l’émission «  La mode, la mode, la mode » sur Paris Première, mais c’est comment chez toi, quelles sont tes marques fétiches ?
J’ai enfin mon petit chez moi depuis peu, près du marché Sainte Catherine à Paris ; ça ressemble à une roulotte très girlie avec des rideaux en imprimé de fleurs que j’ai fait moi-même. Sinon je suis  carrément fétichiste des chaussures à très hauts talons. j’en ai des dizaines de paires, j’adore entre autres les bottines à franges Barbara Bui que m’a offert mon manager, j’en étais hystérique.

Alors ce deuxième album « So much trouble » enregistré dans un moulin dans l’Orne, comment nous le présenterais-tu en quelques mots ?
Musical, varié, rock et plus peaufiné.

L’album de la maturité, à 21 ans ?
Non, il n’y a aura jamais d’album de la maturité, mais plutôt un album pour chaque phase de mon évolution.

Ta voix semble avoir pris du corps, mieux posée, la prod et le son sont plus propres soutenus par les très présentes guitares du fidèle complice Sébastien Hoog…
On a vraiment travaillé pendant 4 mois dans ce super studio du hameau dans l’Orne et on a tout ensemble, les compos, les arrangements, la réalisation. Je me suis vraiment investie à fond et bien plus intensément encore que dans mon premier album, m’affirmant d’autant plus.

Cette année, au cinéma, Patrick Mille t’a transformée en mauvaise fille…
C’était génial, je joue Louise qui tombe enceinte au moment où sa mère tombe malade (la mauvaise fille, tirée du roman de Justine Levy, la compagne de Patrick Mille). J’ai adoré jouer et ce fut assez facile en fait. Plus jeune, j’ai fait sept années de théâtre et ça m’a aidée pour jouer  la fille de Carole Bouquet qui est vraiment une femme fantastique. J’ai vraiment adoré être dirigée par Patrick Mille. On a tourné à Paris, à Arles et en Bretagne. C’était une super première expérience que j’ai envie  de renouveler et d’alterner avec la musique. La musique et le cinéma, seraient le parfait équilibre pour moi. On sera d’ailleurs peut être sur The Red Carpet de Cannes en mai prochain. Croisons les doigts.

On te retrouvera aussi bientôt sur scène ?
Oui, j’ai super hâte. Dès début 2012, on repart en tournée, avec notamment trois salles différentes à Paris, peut être La Cigale, le Bataclan et le Trianon, les dates arriveront bientôt…

Enfin comment t’imagines-tu dans 10 et 20 ans ?
Toujours sur scène ! … Et avec une grande famille.

www.iziamusic.com

Interview : Cyril Xavier Napolitano

Photographie : Nicolas Menu

EXTRAIT DEDICATE 27 – Automne-Hiver 2011

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